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GEORGE KAPLAN


De : Frédéric Sonntag
Mise en scène par Frédéric Sonntag
Avec Lisa Sans
Fleur Sulmont
Alexandre Cardin
Florent Guyot
Jérémie Sonntag
spectacle à 20h30

durée estimée 1h30


en partenariat avec Le Théâtre des Ateliers



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ESPRIT DU THEATRE
Rencontre avec Frédéric Sonntag
Lundi 17 mars à 18h30
Théâtre des Ateliers d'Aix en Provence

Qui est George Kaplan ?

George Kaplan est un personnage du film « North by Northwest » autrement intitulé en version française « La Mort aux trousses », daté de 1959, un des films les plus célèbres d’Alfred Hitchcock (sinon le plus célèbre), immortalisé par la poursuite de Cary Grant par un avion dans un champ de maïs et par une scène finale d’anthologie sur le Mont Rushmore. Si ces deux scènes appartiennent à la mémoire collective de l’histoire du cinéma, on ne garde souvent qu’un souvenir très flou du déroulement narratif qui y conduit et les relie et, très souvent, aucun souvenir de celui qui en est pourtant le personnage principal : George Kaplan.


Un résumé rapide : lors d’un déjeuner d’affaire, Roger Thornhill (Cary Grant), publicitaire, est pris par mégarde (lors d’une scène de quiproquo désarmante de simplicité et d’un classicisme théâtral absolu) pour un certain George Kaplan. Il est alors enlevé par un groupe de malfrats persuadés d’avoir affaire à George Kaplan, un espion du gouvernement lancé à leurs trousses. Ils tentent alors de le faire coopérer, puis devant son refus (légitime car Thornhill n’est véritablement pas George Kaplan) tentent de le supprimer. Roger Thornhill échappe alors de peu à la mort, et lorsqu’il cherche à lever le voile sur toute cette histoire il ne fait qu’aggraver son cas et se retrouve accusé à tort d’un meurtre commis sous ses yeux à l’O.N.U. Il n’a alors plus d’autre solution, pour tenter de prouver son innocence, que de fuir et de retrouver ce fameux George Kaplan avec lequel on s’obstine à le confondre. Le film est ensuite une longue fuite en avant et la tentative d’un citoyen lambda, pris dans les rouages d’une histoire qui le dépasse, de prouver qu’il n’est pas celui qu’on croit qu’il est (George Kaplan) et de démontrer son innocence alors que tout l’incrimine — thème Hitchcockien par excellence de l’innocent accusé à tort, condamné à devoir prouver son innocence à un monde qui se refuse à la reconnaître (le même schéma se retrouve par exemple dans « Les 39 marches » et « La 5ème colonne »). On apprend un peu plus tard que George Kaplan n’est qu’un leurre imaginé par la C.I.A. pour piéger un certain Vandam, qu’il n’existe pas en réalité, et que la CIA s’ingénie à lui donner une forme de vie en disséminant ici et là des preuves matérielles de son existence.

George Kaplan, s‘il est un personnage central de « La Mort aux trousses », son point aveugle pourrait-on dire, est donc avant tout un non-personnage, une coquille vide, une pure fiction, à laquelle on essaie de donner vie et qui finit par prendre vie au-delà de toute attente.

_ Du film à un projet de pièce :
J’entretiens depuis longtemps un rapport de fascination pour George Kaplan personnage fantôme s’il en est, à la fois au centre de North by Northwest et totalement en dehors, au coeur de toute l’intrigue et pourtant jamais visible, présent et absent tout à la fois, et dont l’incarnation épisodique par Roger Thornhill n’est finalement dû qu’à un incident de parcours, Roger Thornhill ne se retrouvant à incarner George Kaplan que malgré lui. Cette identité fictive à laquelle on essaie de donner un semblant de réalité et qui finit par en recouvrir une par le plus grand des hasards, trouvait une résonnance particulière avec certains de mes thèmes et de mes préoccupations concernant les espaces de friction et de confusion entre réel et fiction, la définition des identités et leurs limites, ainsi que leur potentielle perméabilité.

NOTED’INTENTION
A partir de ce personnage, a donc commencé à mûrir le projet d’une pièce au centre de laquelle se trouverait un certain George Kaplan sans qu’il soit pourtant jamais incarné, sans qu’il soit pourtant jamais aperçu ; une pièce où on n’aurait de cesse de parler de George Kaplan, sans que pourtant jamais il n’apparaisse. Comme dans le film, George Kaplan serait ce point aveugle à partir duquel se construirait toute la pièce. Une pièce qui s’intitulerait, évidemment, George Kaplan.


Frédéric Sonntag


Représentations ATP : Théâtre des Ateliers
le 17 Mars 2014, 20H30
le 18 Mars 2014, 20H30


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