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LA BARQUE LE SOIR


De : Tarjeï Vesaas
Mise en scène par Claude RÉGY
Avec
Yann Boudaud
Olivier Bonnefoy
Nichan Moumdjian
texte extrait du roman "La Barque le soir"
traduit du néo-norvégien par Régis Boyer - ed. José Corti
spectacle à 20h30 les 28 et le 29 novembre, à 19h30 le 30 novembre et à 17h30 le 1er décembre
durée 1h20



(pour en savoir plus et voir d'autres photos cliquez sur le titre du spectacle)





Ce que personne d'autre ne sait

Dans ce texte s'invente un univers vierge parce que se brouillent continûment les
frontières : monter et descendre, toucher le fond parmi la vase, émerger à la surface — à peine un quart de visage, le nez seul peut-être.
Respiration — très peu d'air — asphyxie — lutte farouche pour l'interrompre. Ce qu'on ressent, c'est le trouble constant de l'absence de démarcation. "Pas une mort violente, mais une mort profonde, silencieuse."
Une vie profonde, silencieuse. C'est l'écho qu'on entend au loin.
À demi cadavre, un homme dérive accroché, d'un bras, à un tronc d'arbre qui flotte à la surface d'un fleuve. Il dérive vers le sud "comme une conscience blessée."
Des choses qui viennent d'une autre existence — la sienne sans doute en un autre temps — se déchaînent sur lui. À moins qu'il s'agisse des manifestations d'une existence extérieure à la sienne. Il s'agit en tout cas d'un déchaînement de forces qui s'opposent à lui, contraint comme il est de s'abandonner au courant. Vesaas laisse de grands espaces de liberté où peuvent jouer les clés secrètes de notre conscience. Il écrit un pur poème et nous le ressentons illimité.

Pour l'homme qui navigue — étrange navigation — son reflet dans l'eau et sa propre place tout contre la mort peuvent dire — c'est un moment unique — ce que personne d'autre ne sait. Un cheminement lent au bord de l'inconnaissable.
L'ultime ne finit pas. C'est une ouverture — pour un temps prolongé — à une libre coexistence de la vie et de la mort. Une sorte de permanence est donnée au passage du seuil qui cesse, par là même, d'être fatal et émotionnel.
C'est une aventure du corps et de l'esprit, une expérience suscitée à l'extrême du vivant.
Dans le moment dilaté de sa rupture. La dilatation permet l'observation.
Claude Régy
avril 2012


Tarjei Vesaas

Tarjei Vesaas est né à Vinje en Norvège, dans le comté du Telemark, le 20 août 1897. Il est mort à Oslo le 15 mars 1970.
Il est un écrivain norvégien de langue néo-norvégienne, dénommée nynorsk, une langue rejetant les influences étrangères. Son oeuvre est dominée par une omniprésence de la nature et de ses plus profonds secrets.
Ainsi s'enterrent elles-mêmes les racines.
Ses parents possédaient la ferme de Vesås et lui, aîné de trois fils, devait prendre la succession de son père et hériter de l'exploitation familiale. Ces paysans entretenaient — et c'est surprenant — un vif intérêt pour la lecture, souvent collective et à voix haute, à la ferme, lors de soirées prolongées par la prédominance de la nuit.
Tarjei refuse la succession de la ferme et se veut écrivain. A vingt ans il suit une sorte d'université populaire qui lui fait connaître les plus grands écrivains de son pays et d'Europe.
Grâce à des bourses, il voyage en Europe en 1925 puis en 1927.
En 1934 (il a trente sept ans) il épouse une femme écrivain Halldis Moren et se fixe à Midtbø, ferme construite par son grand-père maternel, tout près de la ferme de ses parents.
D'abord, deux tentatives de publication échouent. Mais très rapidement, Tarjei Vesaas s'impose comme un des plus grands écrivains norvégiens. Il inspire toute une nouvelle génération d'auteurs et, très particulièrement, Jon Fosse. De façon émouvante, beaucoup d'échos de Vesaas résonnent dans l'oeuvre de Jon Fosse.
Vesaas nous laisse 40 romans, dont 13 seulement sont traduits en français. Deux d'entre eux sont très célèbres : Les Oiseaux et Palais de glace.
Son dernier livre, La Barque le soir, révèle un art qui, loin de s'achever, est toujours tourné vers la recherche, sculptant l'obscur avec des outils de métal.




Représentations ATP : Pavillon Noir
le 28 Novembre 2013, 20H30
le 29 Novembre 2013, 20H30
le 30 Novembre 2013, 19H30
le 1 Décembre 2013, 17H30


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